CROIX BASQUE

CROIX BASQUE
LAUBURU

VENISE




Venise ne se raconte pas, Venise se voit, Venise se sent, Venise se perçoit. Il y a comme une beauté charnelle faite de multiples facettes ou chacun peut trouver son bonheur, pour peu que vous vous laissiez guider au rythme lent de la Cité.
Loin de la foule déchaînée, si vous avez la chance ou l’opportunité comme moi d’y venir par un froid séjour de fin janvier, vous prendrez conscience de la force qui s’en dégage mais aussi de son extrême fragilité, liée à ses afflux massifs de touristes.
C’est toute la force de l’histoire de son passé glorieux jusqu’à sa décadence progressive à partir de la fin du XVIIIè. Vous la sentirez en prenant un Spritz au Café FLORIAN ou un Bellini au Café QUADRI, les deux plus illustres institutions de la Place SAN MARCO. Vous en prendrez conscience au Palais des DOGES, à la basilique ou en ayant le vertige à force de regarder le campanile par le dessous, sans parler de la vue extraordinaire qui s’offrira à vous du haut de quelques mètres regagnés après son effondrement du début du siècle durant lequel, seul le chat du gardien fut blessé, un vrai miracle.
Vous admirerez LE TITIEN, VERONESE, BELLINI et tous les peintres du CINQUECENTO avec à l’oreille les violons de VIVALDI qui repose dans la quiétude de l’église SAN GIOVANNI IN BRAGORA, quartier du CASTELLO, ou, pour être vénitien je devrais dire « SESTIERE ».
Du passé surgira le moderne, autour du musée GUGGENHEIM, ancienne propriété de Peggy ou elle repose entourée de tous ses chiens, après nous avoir légué une formidable collection de tous les peintres contemporains. Vous regarderez avec ses yeux, depuis la terrasse, le Grand canal qui traverse la cité formant un S comme Sérénissime.
Vous en prendrez conscience au cimetière SAN MICHELE, l’incontournable et l’unique, ou les vivants et les morts sont rassemblés dans une seule obligation, celle de venir en bateau au plus près de FONDAMENTE NUOVE. Pour les amateurs de people ou simplement ceux qui par attachement veulent se recueillir vous pourrez le faire auprès des tombes de DAGHILEV et de STRAVINSKY, côte à côte de son épouse, une tombe des plus simples dans le carré réservé aux Grecs et Russes, sans doute par orthodoxie.
Vous en prendrez conscience en abordant MURANO, sans sacrifier à la visite du musée du verre, mais en imaginant cette formidable activité qui débuta en 1920 quand VENISE l’exporta ici pour éviter des risques d’incendie à la Sérénissime. Des fantômes subsistent, vastes palais de briques aux fenêtres éclatées, comme un pied de nez à cette activité qui demeure encore la principale de l’Ile et qui est connue dans le monde entier.
Si comme moi, vous continuez la progression des Iles vers le Nord, vous passerez d’abord à MAZZORBO et son parc donnant sur la lagune puis par un pont vous arriverez à la polychromie des maisons de pécheurs de BURANO. La légende raconte que ces maisons furent peintes pour que les pécheurs puissent retrouver leur route dans le brouillard de la lagune pendant que les femmes les attendant ont travaillé l’art de la dentelle. On retrouve ici sauf sans la rue principale, en pleine effervescence de l’arrivée de Carnaval, la simplicité de la vie de pécheur. D'ailleurs les chats dédaigneux l’ont bien compris qui, repus, ne s’attaquent même plus aux pigeons qui passent devant eux.
Moi je me suis attaqué aux délices gastronomiques et aux vins du blancs du Frioul, je veux parler des cépages VERDUZZO qui accompagnent merveilleusement les poissons grillés et autres MOECHE crabes mous de la lagune. Je ne renierai pas non plus le foie de veau aux oignons accompagnés de polenta ou les spaghettis à la SEPPIE NERE, accompagnés de seiche à l’encre noire.
C’est le soir dit-on que sur les quais de BURANO on ressent pleinement l’atmosphère des films italiens des années cinquante au hasard des discussions parfois animées.
N’oubliez pas au retour de vous arrêter au LIDO et de parcourir la plage publique. Loin des paillettes de la MOSTRA éteintes, vous entendrez sûrement encore résonner les cris des « mammas » et des « bambinis » vénitiens, venus l’espace d’un été et si chers à DINO RISI
Alors, revenus sur VENISE, tout près de l’ARSENALE, dans le brouillard naissant, vous apercevrez la silhouette de CORTO MALTESE.
Sur l’île de la GIUDECCIA, que vous aurez rejointe en vaporetto, vous hésiterez pour vous loger entre les immeubles locatifs et populaires, l’hôtel CIPRIANI, si vous en avez les moyens financiers quand celui ci sera refait après sa totale restauration ou encore le MOLINO STUCKY qui, à l’Ouest de l’île, promène sur les FONDAMENTA sa silhouette massive d’ancien moulin transformé en hôtel de luxe.
Vous poursuivrez votre voyage en parcourant l'abondante littérature qui va de la bande dessinée à la « Douane de Mer » chère à Jean d’ORMESSON, pas celle du milliardaire PINAULT qui vient de la transformer en musée d'art moderne à la suite de son palais GRASSI au bord du grand canal. On écrira longtemps encore, tant est pressent ce nom qui claque comme l’appel de la femme, la Sérénissime qu’elle est, VENISE, VENICE :
« Viens » alors j’accours…. Et je rêve.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

on a vraiment envie d'aller à la rencotre de cette Sérenissime

Juli Gan a dit…

Salut! Ici la basque bondissante. Je ne connaissait pas ton blog et il est curieux que nous avons mis le même nom au blog. Ne c'est pas ? Un salut amical de l'autre Basque qui vit dans Barcelonne.