Fidèles lecteurs, je vous délivre aujourd'hui mon avant propos tel que je l'avais rédigé avant mon départ. Certes les choses ont évolué depuis mais c'est l'état d'esprit dans lequel j'étais, les motivations, si j'ajoute celle d'une confrontation peut être physique, qui étaient les miennes.
Ce chemin malgré tout ne se raconte pas et pourtant c'est la gageure à laquelle je vais m'atteler comme je me suis attelé à celle de partir
Ainsi continue avec le chemin de SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, ce que j’ai commencé au MONT SAINT MICHEL en 2008. C’est un long cheminement spirituel qui se poursuit, entamé déjà depuis quelques années, un rêve inaccessible tant que le temps ne m’en était pas donné. A ce jour , en cette année jacquaire et celle de mes 60 ans, l’occasion m’en est fournie. J’ajoute que le choix de la date de départ n’est pas anodin.
En effet ce lendemain de Pâques, symbole de résurrection et de passage, est bien sur lié au mariage de mon fils Michaël qui a eu la bonne idée de se marier à SAINT JEAN DE LUZ sans « passer » par l’église, au grand dam de sa grand mère et du mien aussi car il a choisi ses invités . Il est vrai que ne finançant que très peu, je n’avais pas mon mot à dire…C’est aussi en quelque sorte pour faire bénir et sanctifier cette union que j’entreprends à cette date mon chemin.
Sur un plan pratique l’expérience du Mont m’a amené à modifier mon sac, à ne pas transporter de tente, seuls un sac de couchage et un petit matelas, au cas ou…Ce chemin est mieux balisé et mieux organisé, trop peut être nous verrons…
Je me suis également doté d’un livre offert par Sacha, voici quelques années, lui qui l’a réalisé en vélo de Saint jean Pied de Port à BURGOS et qui s’avère être la Bible si je puis dire : « Guide pratique du Pèlerin » de Millan Bravo Lozano avec cartes d’étapes et de gîtes.Je lui préférerai pour le poids et la dimension le "guide du Camino Francès".
J’emporterai également ma fidèle règle de saint Benoît ainsi qu’une coquille réalisée par la poissonnerie d’Harfleur et que j’essaierai d’emmener à Compostelle.
Je me suis procuré le fameux « crédencial » auprès de l’ACCIR
( association de coopération interrégionale des chemins de saint Jacques) de Toulouse, indispensable pour « marquer » mes passages et obtenir la fameuse
« Compostela. ». Enfin l’indispensable bâton ou Bourdon pour accompagner, descentes et montées et se prémunir éventuellement de chiens un peu belliqueux.
J’ajoute que j’ai rencontré et étudié l’ouvrage réalisé par Joël COUSIN parti avec son ami de ROUEN en 4 étapes de ROUEN à COMPOSTELLE et qui gentiment s’est mis à ma disposition pour me faire part de son expérience. Joël COUSIN est membre de l’Union parachutiste du Havre et nous avons un ami commun au travers de l’Association des Officiers de réserve du Havre dont je suis le Trésorier.
Pour revenir à la grande famille des officiers, j’ai renoué et il n’y pas de hasard avec mes anciens amis officiers de Bordeaux, dont l’un d’eux Michel LABORDE est un des piliers de l’Association des amis de Compostelle de Gradignan et que je me proposai de rencontrer en « descendant » pour le mariage de Michaël car il réalisé le chemin plusieurs fois.
Las il vient d’être frappé d’un AVC sérieux et je n’aurai de ses nouvelles que peu avant mon départ. J’essaierai de passer le voir ou de prier pour lui sur le chemin, comme j’aurai dans mon cœur, Séverine trop tôt disparue et au père duquel François, j’avais proposé de cheminer avec moi. Mais dans ces circonstances il est trop tôt pour lui de laisser son foyer.
Peut être retrouverai-je à Logroño notre ami Bernard Robin avec qui nous passâmes il y a quelques années d’excellents moments.
J’aurai avec moi, même si j’ai décidé de partir seul et surtout pour cela, tous ceux qui voudront m’accompagner, les Fantômes du Présent chers à mes mémoires et les vivants proches ou éloignés.
Mon programme de 40 jours n'estb pas lié à celui du Christ et ne se fera pas dans le désert mais dans une solitude entourée des hasards de rencontres qui font le bonheur du Chemin.
Je pars de saint Jean Pied de Port « GARAZI » en basque, sans savoir si j’atteindrai mon but mais l’important est d’être sur le Chemin.
J’en remercie par-là Monique qui me permet de le réaliser .
Je fais mienne cette prière d’un prêtre espagnol de Triacastela petit village de Galice après le col de l'Alto de Poyo
Le Chemin…Qu’est ce que c’est ?
Cela va dépendre de celui qui l’entreprend
Pour l’un ce sera un parcours sportif
Pour un autre, ce sera des vacances culturelles sur un itinéraire balisé
Pour un autre encore, ce sera un moyen de recherche spirituelle ou personnelle…La réponse précise à une interrogation personnelle.
Pour un dernier, cela pourra être une recherche religieuse.
Une chose est certaine, tout ce que l’on pourra avoir rêvé sur le « Camino » se révèle faux ou différent.
Le Camino est lui même vivant et dicte sa loi
Il va être le révélateur de votre Moi
Par les rencontres avec les frères du Monde entier que l’on côtoie sur le chemin ou dans les refuges
Par les limites que ton corps t’impose malgré toi
Le Camino t’oblige à faire la part de ce que l’on dit et de ce que l’on peut faire
Il va approfondir chez le croyant sa foi en Jésus et dans les Saints et lui donner une idée plus juste de ses défauts et de ses vertus
Pour le prêtre que je suis, j’aimerais que les gens soient plus vertueux.
Qu’ils fassent moins de fautes à tous propos
Que lorsqu’ils se trompent, ils apprennent à se corriger
Qu’ils croient par amour et non par crainte, car si vous avez peur, vous ne pouvez pas aimer
Que pour vous la Foi ne soit pas un fardeau mais une libération
Je souhaite que votre itinéraire sur le Chemin apporte dans votre vie, toutes les choses que vous cherchez
Que les signes, les marques de ce Camino restent pour vous, les limites dans votre vie de tous les jours.
Afin que vous, tous les Jacquets de ce Camino, travaillent à faire un monde meilleur.
Tout est dit ou presque, il faut maintenant commencer.
Que les quinze jours précédant le départ ont été fatigants, au point de me déclencher des douleurs insupportables dans les jambes me faisant craindre le pire à 3 jours du départ. Le mariage de Michael le 3 avril précédé d’une semaine chez ma mère à Saint Jean de Luz ont contribué à cet état de fait. Tout rentre petit à petit dans l’ordre, après un très beau beau week- end empreint d’émotions jusqu’à ce jour ou nos deux tourtereaux ont réalisé leurs dernière photos à sainte Barbe. Tout ceci fera sans doute l’objet d’albums retraçant ces 3 jours avec les discours et le petit mot gentil de MAM…
Pour ma part analyses sanguines réalisées et après passage chez le médecin, mes douleurs s’estompant j’estime que je peux partir demain, direction Saint jean Pied de Port ou je vais passer la nuit pour attaquer le jeudi 8 au matin, météo favorable, de bonne heure et de bonne humeur l’étape difficile de Roncevaux. Je prévois un départ en train de Saint jean de Luz pour Bayonne puis bus jusqu’à Saint jean pied de port, car Monique a pris la route pour rentrer au Havre.
J’espère que mon dictaphone va fonctionner, j’ai rechargé toutes les batteries, je pense n’avoir rien oublié y compris toutes les images et souvenirs que j’emporte avec moi, les pensées de ceux qui m’accompagnent et celles que j’aurai pour eux. Paul m’ a offert un rameau d’olivier du jardin de son beau frère béni aux Rameaux. Ce sera un objectif pour l’emmener jusqu’au bout et le planter à Compostelle. La dernière nuit à Saint Jean risque d’être un peu agitée, moins que celle précédant enfin le départ. Joël Cousin a laissé un message aujourd’hui, on reconnaît bien là la sollicitude de ceux qui ont déjà fait le chemin…
Ce jour 7 avril , le temps et la SNCF se mettent contre moi, sauf à me reposer encore une journée supplémentaire. Peut être est ce une bonne chose, je pense que je ne partirai que demain vers Saint Jean Pied de Port. La météo s’arrange à partir de vendredi. Je peux ainsi peaufiner mon équipement, bien que je sois impatient de découvrir le chemin en particulier la première étape, étape de vérité avec la montée de Roncevaux. J’ai salué hier notre gestionnaire de la BNP à Saint jean de Luz qui m’ a indiqué qu’il avait lui aussi réalisé le chemin avec sa femme en plusieurs étapes. Je vais pouvoir également consulter mes mails grâce à Paul et envoyer mes derniers courriers. Ma mère sert un peu de sponsor pour m’obliger à aller dormir dans les auberges et non dehors…Qu’elle en soit remerciée.
Dernier rendez-vous avec Angèle et Paul, amis d’enfance de ma mère, ce dernier me propose de m’emmener à Saint Jean Pied de Port demain. Je saute sur une occasion qui lui permet à lui de prendre un peu l’air et de visiter un appartement à Ascain. Départ donc demain à 9h. Je vais essayer d’en profiter pour casser l’étape de Roncevaux, rattraper le temps perdu tout en y allant doucement sur cette étape de 26K. Je verrai demain.
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