GRECE BERCEAU DE LA DEMOCRATIE
EUROPEENNE
Devant l'émotion et les questions
posées par la situation de la Grèce, j'ai cru bon de réactiver mon
blog afin de faire part de mon analyse et pourquoi pas susciter à la
fois réflexion et discussions.
Remontons dans le temps car j'ai
coutume de dire que le passé éclaire le présent même si la notion
de temps peut être toute relative selon certains, dont je fais
partie.
La Grèce berceau de la démocratie
européenne, c'est ce que semblerait supposer ce dernier référendum,
sauf que... sauf que ce n'est pas le peuple grec qui dans son ensemble
a voté NON si l'on tient compte des abstentions et des votes blancs
ou nuls soit 62,5%. ce sont donc 38% du peuple grec qui a dit NON, il
faut relativiser. Ce vote est également entaché de trop d'affects
si l'on remonte encore dans le temps des négociations dans la mesure
où les Grecs se sont sentis humiliés, c'est un vote affectif.
Les représentants des créanciers, de
la commission européenne, du FMI et de l' Eurogroupe eux aussi ont
eu le sentiment d'une certaine arrogance face à un pays qui a
« triché » dans ses comptes tout au long de son histoire
européenne et qui cherchait à modifier les conditions d'exercice de
l'Europe. Nous y reviendrons. Dès le départ dans cette négociation,
les dés étaient pipés et remplis d'affectif. Jusqu'à la
recherche par Monsieur TSIPRAS d'un appui de la Russie au moment où
l'Europe est en délicatesse avec Poutine, croyant certainement jouer
la carte orthodoxe. Nous y reviendrons.
La Grèce, si l'on remonte encore dans
le temps ne s'est pas remise de la seconde guerre mondiale, elle a
tenté d'ailleurs de le faire payer récemment à l'Allemagne. Il ne
faut pas oublier que Monsieur TSIPRAS est un enfant de la tentative
des communistes de prendre le pouvoir en 1945 comme partout en
Europe. Alors peut- on parler de lutte contre le capitalisme et les
forces de l'argent que l'on reproche à notre actuelle Europe, sans
doute.
Puis le pays a subi le régime des
colonels si dramatique dans un pays de tradition démocratique, cela
a donné une certaine apathie et une montée en flèche du
fonctionnariat étouffant réellement, comme l’Église orthodoxe,
la société grecque reposant également sur les seuls armateurs.
Si vous n'êtes ni militaire ni
religieux ni fonctionnaire, vous faites partie des 25% de chômeurs
actuels, un record dans l'Europe. Voilà la réalité de ce pays qui
ne représente que 2% de la richesse de la zone euro. Alors oui quand
on regarde les pays faisant partie de l'Europe et non de la zone
euro, à part la Roumanie, comme par hasard, ils représentent la
partie la plus dynamique, à part l'Allemagne. Cela en dit long sur
la situation politique et économique de cette Europe et peut laisser
penser qu'au même titre que « Podemos » en Espagne, de
leurs homologues italiens ou de nos extrêmes français qui se sont
également félicités de la situation, les Grecs auraient raison de
bousculer les institutions européennes.
C'est oublier que les pourfendeurs du
système capitaliste, car la réalité économique et financière est
incontournable, ont oublié que celui-ci s'est nourri des suites du
siècle des Lumières, que j'appelle moi le siècle des Ténèbres.
Ce siècle, quand on remonte encore plus dans le temps assimilable au
XIXè siècle où l'homme, se croyant par la science et la
technique, le nouveau maître du Monde a provoqué le plus grand
séisme, écologique, économique, spirituel que nous ne finissons
pas de payer.
L'heure doit être à l'apaisement. Le
lendemain du résultat l'a montré avec la démission du ministre de
l'économie grecque et les rapprochements franco allemands. Nous
n'avons pas besoin de la Grèce
- si ce n'est, d'un point de vue moral et économique afin qu'elle assure ses engagements, nous avons déjà payé avec l'emprunt russe.
- si ce n'est d 'un point de vue géostratégique, afin qu'elle puisse amener à la raison l'Europe dans ses relations avec la Russie, même s'il semble avoir été échaudé par son entrevue avec Poutine ( incontournable en Méditerranée, là aussi l'histoire l'a montré avec Napoléon III et en 1914, sans parler de la Syrie et de la Turquie), dans le solutionnement de la question chypriote, ukrainienne et de l'immigration clandestine ( la Grèce au même titre que l'Italie en étant un point d'entrée).
- si ce n'est enfin et non des moindres d'un point de vue spirituel, pour ramener l'Europe dans le giron chrétien qu'elle n'aurait jamais du quitter y compris dans sa constitution, condition indispensable pour montrer sa force face à l'islamisme intégriste et nous rapprocher de la Russie. Voilà brièvement les enjeux de l'après référendum et des négociations qui devraient avoir lieu.
Il serait dommage que la Grèce
berceau de la démocratie en Europe n'apporte pas sa pierre à
l'édifice mais en reconnaissant humblement ses erreurs, en assumant
ses échéances, donc pas à m'importe quel prix même si la
démocratie en a un. C'est toute la philosophie qui a inspiré les
Pères fondateurs de l'Europe au lendemain de la seconde guerre
mondiale.
Alors pourquoi pas un référendum à l'échelle européenne. A condition que tous les enjeux soient expliqués lors d'une campagne dénouée d'esprit partisan....
Alors pourquoi pas un référendum à l'échelle européenne. A condition que tous les enjeux soient expliqués lors d'une campagne dénouée d'esprit partisan....